Extrait du site Psychologie.com
Divorce : quelle place pour le père ?
Dans de très nombreux cas de divorce, l'enfant est confié à sa mère, sauf quand les parents optent pour une garde alternée. Une situation qui fruste bien des hommes. Mais d'un autre côté, beaucoup de femmes leur reprochent de démissionner de leurs fonctions paternelles, parfois bien avant la séparation. Ce à quoi les hommes invoquent le peu de place qui leur a été laissé sur la scène familiale.
En fait, analyse Raymonde Hazan, psychanalyste, l'ambiance dans laquelle se déroulent les divorces déterminera largement le mode de garde.
Alors quelle place pour chacun lors d'une séparation ? Quelles règles suivre pour respecter l'équilibre de chacun ?
ubik@
Bonjour. Mon divorce se passe extrêmement mal. En octobre prochain, cela fera deux ans que je n'ai pas vu mes enfants.
Pour exprimer le plus simplement possible ce qui s'est passé, je dirai que nous avions décidé de nous séparer, ma femme voulant à tout prix avoir la garde des enfants, que je ne lui contestait pas. Nous étions convenus qu'on se verrait régulièrement, que j'aurais leurs coordonnées, etc. Ma femme, les derniers temps de sa présence dans le foyer commun, a monté mes enfants contre moi, ils sont devenus, eux qui m'adoraient, très agressifs et critiques, le climat est devenu épouvantable à la maison, à tel point que j'ai fait une tentative de suicide.
En sortant de l'hôpital, j'ai été vivre chez un ami, qui me proposait de m'héberger. Ma femme et mes enfants étaient d'accord pour que je parte le temps qu'ils trouvent un autre logement, ils connaissent cet ami depuis longtemps. Quand j'ai voulu revenir chez moi, pour des raisons de commodité ( je venais de reprendre mon travail ), ma femme a refusé, disant que je devais attendre qu'elle soit partie. J'aurais pu insister, la maison m'appartenant, j'ai préféré accéder à sa demande.
En octobre, je suis venu un samedi pour les voir, j'ai trouvé la maison vide, des ordures partout, et pas du tout de contact pour savoir où étaient mes enfants, ni adresse, ni téléphone. Sur le conseil de mon avocate, j'ai fait venir un huissier pour constater un abandon du domicile ; la personne en arrivant devant chez moi m'a dit que le constat était impossible, car elle était déjà venue ici, à la demande de ma femme, pour constater un abandon. En fait, pendant que j'étais chez mon ami, ma femme a caché toutes mes affaires et a fait faire un constat.
Moi, je trouvais ça plutôt idiot et je me disais qu'à ce jeu, elle allait vraiment se mettre dans des situations difficiles, tout ça était absurde. J'en étais là lorsque en décembre mon avocate m'a contacté pour me dire qu'elle me laissait tomber, qu'il y avait plainte au pénal, etc. J'ai été finalement convoqué chez les gendarmes, me demandant ce qu'ils pouvaient bien me vouloir, et là, ça a été la totale : garde à vue, mise en cellule, interrogatoires à rallonge... Mes propres enfants m'accusent de les avoir violés. Ils ont pondu toutes sortes de déclarations détaillées et accablantes, particulièrement odieuses.
J'ai été choqué, mais je n'ai pas perdu mes esprits et j'ai répondu posément, avec politesse mais fermeté, aux enquêteurs. J'ai demandé l'assistance d'un avocat que je connais, c'est le frère d'un ami qui travaille lui aussi pour la police, en tant que médecin légiste. L'avocat est venu, m'a dit que mes déclarations étaient bonnes et que je m'étais bien défendu. On m'a déféré au parquet, on m'a mis en cellule, je me voyais vraiment aller en prison, mon avocat m'a dit que là, il ne pouvait rien faire, dans un premier temps, que j'allais être incarcéré pendant l'instruction de toute l'affaire.
Et puis, contre toute attente, j'ai bénéficié d'une liberté sous contrôle judiciaire, au nom de la présomption d'innocence, et étant donné que les perquisitions et autres investigations n'ont rien donné. Depuis, je suis en état de choc, je me suis efforcé de ne pas craquer, de rester digne, mais je ne vois plus du tout mes enfants et j'ai extrêmement peur de ce qu'ils sont en train de subir, je pense que pousser des enfants à accuser leur propre père est une chose tout à fait malsaine et injuste, injuste vis-à-vis de moi, mais aussi vis-à-vis d'eux, qui n'ont pas à être pris en otages dans l'agonie d'une relation entre deux adultes. Je pense qu'ils sont sans défense, livrés à la merci de leur mère qui a manifestement perdu ses repères et dérape dans la haine, voire la folie, je ne sais pas... J'ai donc la justice après moi, pour des faits dont je suis innocent. Je ne vois plus mes enfants.
Dans l'intervalle, la juge aux affaires familiales m'a condamné à une pension alimentaire exorbitante, qui me prend plus de 55 pour 100 de ce que je gagne, et donc je suis en pleine débâcle économique. Mes conditions de vie deviennent extrêmes, je ne sais plus quoi faire pour m'en sortir, et je trouve particulièrement révoltantes les décisions qui ont été prises, et qui m'empêchent d'avoir le moindre contact avec mes enfants, pour lesquels je me fais beaucoup de soucis. Pour finir, mon ordinateur a été saisi en mars 2002, expertisé, on n'a rien trouvé qui puisse corroborer les accusations portées contre moi, mais depuis on ne me le rend toujours pas, il traîne quelque part au palais de justice, et ça aussi me manque. Là, j'écris à partir d'une machine moins puissante qu'on m'a prêtée pour me dépanner, mais j'ai eu des mois et des mois sans rien...
La situation sur le plan juridique est telle que si je me plains, on me répondra systématiquement "monsieur, estimez-vous heureux d'être encore en liberté". J'ai perdu tous mes droits, je ne suis plus un citoyen à part entière mais un justiciable, un paria, un homme accusé d'un des crimes les plus infamants qui soient, celui de viol sur ses propres enfants. Ma vie est devenue un enfer, à certains égards. Pour parvenir à résister, je suis obligé de faire un véritable barrage mental, ne pas penser à mes enfants, le moins possible, mais parfois un rien me les rappelle, et là je m'effondre en larmes et ça dure parfois des jours et des jours. Le seul point positif que j'aie, indépendamment de mon amour pour la musique et la création en général, qui m'a permis de tenir jusque là, est que depuis peu j'ai une compagne dans ma vie, une femme qui connaît ma situation et sait que je suis innocent, croit en moi et envisage son avenir avec moi. Mais même là, nous avons des difficultés, puisque j'ai l'injonction absolue de ne pas approcher d'enfants, et comme elle est elle-même mère divorcée, nous ne nous verrons qu'à part, en amoureux, dans les moments où elle parviendra à avoir un peu d'autonomie. Je dois dire que son soutien m'est important à l'heure actuelle, et je fonde beaucoup d'espoirs sur elle. Je pense que dans les jours qui viennent, on va probablement me couper le téléphone, supprimer mon portable et que sais-je encore, car mes difficultés économiques sont devenues insurmontables, mais je voulais me manifester auprès de vous et témoigner, pendant que je le peux encore. Il fut un temps où j'aurais hésité, où je me serais dit qu'il n'était pas bon pour moi qu'on lise ce témoignage, étant donné la gravité des accusations portées contre moi. Mais maintenant ça m'est égal, de toutes façons, je n'ai rien à cacher, je suis innocent, et puis le forum n'est plus si important à mes yeux, je fréquentais surtout l'espace célibataires car je me sentais très seul, mais là j'ai une femme dans ma vie, qui croit en moi, qui est prête à investir à fond en moi, et donc peu importe ce qu'on pensera de moi. Je voulais dire que c'est absolument injuste qu'on accuse les pères comme ça, moi on m'a dit que maintenant, c'est ce qu'utilisent les femmes dans 60 pour 100 des cas de séparation, je trouve ça d'une lâcheté incroyable, ces femmes ne savent-elles pas ce qu'on risque dans de tels cas ? D'accord, j'ai peut- être des torts vis-à-vis de ma femme, ce serait à discuter, mais supposons... Ok, mettons qu'elle m'en veuille et n'ait pas tout à fait tort, ce serait à prouver, mais allez, admettons...
Mais pour autant, je ne mérite pas de croupir 15 ans de ma vie dans une cellule avec des malfrats, des dealers, des proxénètes et que sais-je encore, surtout qu'en prison, si on arrive avec l'étiquette de violeur pédophile, le comité d'accueil risque d'être plutôt salé... J'ai passé plus de 20 ans de ma vie avec cette femme, on a eu des belles années, on a eu des enfants, après ça a été moins bien, maintenant je pense que chacun serait en droit de refaire sa vie, moi j'ai le droit d'être à nouveau heureux, et j'ai le droit aussi de revoir de temps en temps mes enfants, qui vivent tout près, à vol d'oiseau ils doivent se trouver à moins de deux kilomètres de chez moi... Quelle ironie ! On dirait qu'ils sont à 2000 années-lumière. Elle a voulu m'empêcher de les voir, elle a réussi, mais pire encore, elle a mis ma liberté, ma vie en danger, je risque très gros, et elle est déterminée, elle ne recule pas. J'ai beau me savoir innocent, j'ai très peur à certains moments, car la justice étant ce qu'elle est, ça pourrait très bien finir mal, je ne serais pas le premier innocent qu'on bouclerait...
Alors voilà, je ne sais absolument pas à quoi sert mon témoignage, mais je devais le faire, et tant pis pour les conséquences, tant pis si certains ici disent des âneries sur mon compte... moi je veux juste crier à l'INJUSTICE et demander qu'on me laisse voir mes enfants, qu'on me laisse refaire ma vie avec la femme que j'aime, qu'on me laisse exister, qu'on me rende ma dignité. J'ai écrit à l'émission "sans aucun doute", j'ai pris contact avec des gens comme Jean-Luc Delarue... Jamais aucune suite n'a été donnée. Je suis actuellement dans la plus grande détresse. Je ne vous demande pas de m'aider. Je n'imagine pas qu'à l'heure actuelle qui que ce soit puisse m'aider. Je voulais juste m'exprimer, dire ma douleur et mon sentiment de révolte. C'est tout. Advienne que pourra.
Raymonde Hazan
Tout d'abord, je vous remercie pour le courage de votre témoignage. Et sous toute réserve de confirmation, je dirais ceci : en effet votre femme veut "condamner le père". Pas le vôtre mais le sien. La confusion est hélas terrible. Pour ma part, je vous sens sincère. Je peux considérer votre femme, sous toute réserve de confirmation, dans ce qui se nomme : la folie au père, une forme d'hystérie. Comme vous le confirmez, elle est sans repère. Pourriez-vous obtenir un état psychologique la concernant ?
Si un enfant a subi des attouchements du père, nous avons des moyens de le détecter. Avez-vous essayé les associations de défense des pères ?
Quoi qu'il en soit, vous avez été "naïf" au départ de la séparation, mais c'est tout de même cher payé. J'espère que votre nouvelle compagne vous redonnera confiance en vous et vous empêchera de sombrer. Je pense qu'un soutien psychologique vous concernant vous sera utile. Mes moyens ici sont très restreints. Je vous souhaite beaucoup de courage. Votre témoignage peut en effet ouvrir les yeux sur certains abus.