ENCYCLOPAEDIA UNIVERSALIS.
Aux éditions de Albin Michel 2001.

page 176

Au mot ENFANT :

- [...] Il faut qu’à l’age de 18 mois soit reconnue et valorisée par l’adulte son image globale (dans un miroir) et non seulement des parties du corps (bouche à nourrir, organes à soigner) . Ensuite il importe que les repères symboliques lui soient fournis qui l’autorise à se reconnaître, lui confèrent sa place de sujet du désir - mais, comme tiers dans le triangle familial, le père va être celui qui brise la relation duelle avec la mère - et lui permettent de vivre et de grandir.

Ces repères symboliques seront fondés sur le prix et l’efficacité de l’idée de loi, portée et représentée par le père ayant un nom. Le père est, à la fois, celui qui représente la loi et la culture, et qui autorise ainsi l’enfant à vivre et à naître au désir, et celui qui élève l’enfant à l’ordre symbolique, l’arrachant à la mère et à l’ordre du besoin, pour l’introduire à l’ordre universel. Mais pour ce faire, l’enfant doit se reconnaître en son père, se voir autorisé à toutes les identifications qui construiront son désir et sa personnalité.

C’est naturellement par la médiation de la parole que se fait l’entrée dans cet ordre ouvert grâce au nom du père et de la loi. C’est là qu’intervient la fonction du père comme médiatrice de la relation duelle mère-enfant. [...] Pour que le réel se constitue, il faut précisément que l’enfant échappe à l’imaginaire et qu’il accède au symbolique. L’imaginaire est le monde des fantasmes de l’enfant (théories sexuelles, mythes de la génération, phallus de la mère, castration, peur de la mort).